Deuxième épisode : de ZION CANYON à GRAND CANYON

Sam. 2 nov. – Lun.  4 nov.

ZION NATIONAL PARK

Des hauts plateaux, des canyons, des vallées vertes, une terre rouge

A peine les derniers parallélépipèdes rectangles de 30-40 étages de LV derrière nous, on est à nouveau en plein désert sur notre high-way. Pas les seuls d’ailleurs, ça circule !

La route rectiligne arrête d’aller tout droit au bout d’un loooog moment, on quitte le Nevada, on entre en Arizona. Pas grande différence au niveau du paysage. Quand la route commence à sinuer, serpenter en gagnant un petit peu d’altitude, on entre dans l’Utah.

La terre commence à se fracturer, on sent que le sol a beaucoup bougé il y a trèèèèèèèèèèès longtemps, que les plaques se sont distanciées en profondeur, créant un incroyable relief de plateaux -quasi parfaitement plats- à différentes altitudes, sur une étendue infinie. L’ocre, le roux, le doux et le rouge dominent, les strates s’empilent comme des mille-feuilles, il y a à peine de la végétation, il ne manque que les sioux sur leurs chevaux, en ombre chinoise sur les hauts-plateaux.

En gagnant un peu d’altitude (on est à 1200 mètres), on arrive à Springdale, petit bourg qui recensait 514 habitants en 2020. A deux kilomètres de là : le Visitor Center du Zion National Park. Comme ce parc attire beaucoup de monde, le village est plutôt bien aménagé pour une fois, on y sent une certaine harmonie, les habitations sont de qualités, les commerces et les commerçants sont accueillants, on a pas mal de choix au niveau des restau aussi. Simples et bons.

On arrive sous la pluie, les nuages sont bien accrochés aux falaises verticales, on en distingue à peine la crête. On check la météo : demain ça sera pareil … pffffff … l’idée de découvrir la nature sous la pluie en marchant sous nos capuches nous enchante moyennement, et ici il n’y a pas d’autre option que la rando. Décision prise : on reste un jour de plus pour attendre le retour du soleil.

Repas gourmand et gros dodo puisque la pluie et le froid (oui, le froid ! il fait bien 8 degrés !!) sont là.

Dimanche matin on se réveille sous la pluie, b’en oui c’était prévu, et puis le temps se lève, et ça c’était pas prévu. Du coup, on en profite, et on part se balader pour grimper dans les hauteurs, et voir le canyon depuis en haut. On vise le Scout Lookout, qui est juste avant une arrête vertigineuse qui s’appelle Angel’s Landing.

     

On arrive au parking : plein, débordant, les voitures tournent en patientant. Nous on choisit de prendre la voiture jusqu’au point où seuls les bus du parc peuvent circuler (très bon principe : pour conserver une vallée de qualité (pollution de l’air, pollution sonore, etc..), les voitures sont interdites et un système de navettes gratuites a été mis en place) et de trouver une place là-haut. Bingo, ça marche, on attrape le bus (oui, quand-même un petit bout) et on part marcher.

Ca commence tout doux, le long de la rivière. L’eau est cristalline, elle semble fraîche, tout comme l’air, ça caille. Ça wind en plus, Hervé marche sans veste, et moi sous deux pulls et un coupe-vent … Cet environnement de roche et terre rouge est impressionnant. Tellement différent de ce qu’on a vu jusqu’à maintenant … On marche sur des roches ocres, dorées, grises, brunes mais la dominante des falaises est rouge. Et puis ce qui est génial, c’est qu’il y a de l’eau, donc de l’herbe, des arbres, des cactus, des plantes en tout genre, et même des biches.

Le canyon principal n’est pas très large, d’une face à l’autre, il doit bien y avoir un petit kilomètre … ?? je ne sais pas dire, c’est hyper difficile d’évaluer les distances dans ce paysage démesuré … Je regarde la carte : environ 600m au plus large, sur la majorité de la longueur. Évidemment, plus on s’enfonce dans le canyon, plus il se rétrécit.

On longe la Virgin River un petit moment, sable beige, cailloux, herbes vert tendre voire vert anis, feuillus de petite taille, entre le vert, le rouge prunus et le doré, et puis on commence à s’élever, ça grimpe gentiment jusqu’au pied d’une paroi rouge et verticale.

En levant les yeux, on devine le sentier serpentant qu’on va emprunter, sentier bien aménagé vu le nombre de touristes qui passent par là …

On zigzague le long de la façade verticale, on regarde alternativement le nord puis le sud, deux points de vue très différents : au nord, notre regard cherche à s’enfiler dans le canyon, au sud il s’évade vers la vallée. C’est magnifique. On monte. On arrive enfin sur un replat qui s’enfile dans la roche, pour nous emmener vers la face arrière du Angel’s Landing, magnifique arrête qui domine la vallée. On ne va y monter : il faut grimper, s’accrocher à des chaînes etc .. et moi j’ai trop facilement le vertige, donc niet.

On avance entre deux parois de roche rouge, ocre, beige, striée de partout, comme taillée au ciseau, burinée par un artiste bien plus grand que nous. Des arbres habillent toute la fente rocheuse, on marche à plat.

Et puis paf, voilà à nouveau un sentier à lacets, encore plus serrés que la première volée, soutenus par des murs de briques de la même couleur que la montagne, c’est un travail magnifique. On grimpe on grimpe, et on arrive finalement au Scout LookOut qui nous permet de savourer la vue sur toute la vallée, c’est grandiose !!

 

J’avais dit à Hervé « petite balade sympa de 2h avec 300m de dénivelé+ » ; au final on a marché à peine plus longtemps pour un dénivelé+ de 500 m … content mon chéri !!

 

Retour à l’hôtel au soleil couchant, et puis petit repas gourmand. Pour une journée de pluie, c’était parfait !!

Dimanche matin on part vers 9h, affublés chacun d’un ciré-cuissardes qui nous monte jusque sous les bras, avec chaussons chauds et presque étanches intégrés, une grosse paire de chaussures de marche aquatiques aux pieds par-dessus, sac étanche et gros pulls, gants et bonnet, et puis un long bâton de bois qui nous arrive à l’épaule, avec une martingale à son extrémité.

Il fait un bon 8 degrés dehors, c’est pas très chaud.  On remonte dans le bus avec notre super équipement et cette fois on va tout au fond du canyon, pour remonter les narrows de la Virgin River. La balade commence par une marche de 1.6 km et puis s’arrête au moment où on est obligés de se mettre à l’eau.

Au début, on a de l’eau aux genoux au maximum, c’est assez casse-gueule parce qu’on marche sur les cailloux du lit de la rivière, parfois moussus, parfois ronds, parfois instables, et surtout tous de taille très différente. D’où le grand intérêt du bâton de marche ! Et puis on a quelques passages où l’eau nous monte au nombril, avec cette sensation très bizarre d’être comme dans des collants de contention dans notre ciré. C’est un ressenti qu’on n’a jamais quand on entre nu dans l’eau, mais là, on a vraiment le sentiment d’être gainés « fort » dans nos habits.

C’est cool de randonner de cette manière, très ludique, rigolo, plaisant. On passe évidemment notre temps à regarder où on met les pieds, et en l’air, puisque les parois du canyon s’élèvent au-dessus de nos têtes dans d’incroyables couleurs et structures, c’est subjuguant. La nature est vraiment belle, même si ce qu’on voit est le résultat d’une violence folle, celle des éléments qui siècles après siècles viennent façonner ces parois, éroder les roches, élargir les failles, fragiliser les structures. L’eau, l’air, le sable, tous ces éléments si fins si fluides si minimes ont raison de cette masse solide, et la modèlent à leur gré.

Parfois le soleil descend jusqu’à la rivière, et bien souvent il reste à fleur du sommet des falaises, tout là-haut. Sa lumière nous inonde de temps à autre de bronze, ou d’or, ou encore d’argent, selon le reflet de la roche qui est éclairée et qui rayonne, qui réverbère sa lumière. Ca donne lieu à des ambiances assez magiques. Et tout à coup un arbre, planté là, tout au fond. Et puis un moment plus tard, quelques oiseaux qui chantent. Le bruit de l’eau, tout le temps. Les rires des randonneurs.

Plus on avance, moins il y a de monde. On finit par s’arrêter pour notre pic nic après 3h15 et quelques 7 km, dont 6 km dans l’eau. On sent que l’énergie baisse, et nos muscles ont besoin d’une pause. On repart 15 min plus tard, en se disant qu’on a encore une longue route devant nous pour retrouver notre point de départ … on imagine que ce sera moins que 3h puisque cette fois on avancera avec le courant, mais on repart pour au-moins 2 grosses heures …

Marcher dans ces conditions c’est comme une méditation, on avance dans l’eau et on se balade ailleurs aussi, dans nos têtes, dans nos corps, on s’évade, parce que mine de rien, on marche entre deux murs de roche … sans soleil, … oui oui, c’est des beaux murs, on est immensément emplis de gratitude d’être là et d’avoir la chance de patauger aux pieds de ce canyon, mais au bout d’un moment on en a marre quand-même, haha !

Et puis finalement, à peine 1h20 après s’être remis en route, nous voilà déjà de retour à la case départ, super contents d’avoir vécu ce moment. On en a plein les jambes, plein les bottes, on est raides, et on s’en est mis plein les yeux et plein l’armoire à souvenir dans le cœur, des étoiles plein les yeux. Merciiiiiii !!!!

Retour à la voiture, et puis nous voilà partis pour 2 heures de route pour aller à Bryce Canyon National Park, à quelques 160 km au nord-est du parc de Zion. On grimpe grimpe grimpe dans ce mille-feuilles de roches rouge, blanche, beige, et puis on passe un tunnel qui nous emmène sur les hauts plateaux des canyons, et là c’est encore un tout autre paysage !

Cette fois, les tons de roche sont plus doux, rose et blanc crème, on a l’impression d’avancer dans un filet de saumon cuit géant, haha. Avec les épineux en guise d’aneth, hihi.

Oh, des vaches en liberté … ah non, à les regarder de plus près, c’est plus gros, plus massif, ce sont des bisons !!! Le jour tombe doucement, les teintes dorées s’éteignent petit à petit, la route file tout droit, on ne voit bientôt plus rien … ça sera une surprise totale demain matin quand on découvrira le petit trou du monde où on va roupiller. Un coup d’œil au thermomètre avant de sortir de la voiture : 28 degrés ! cool … non, pas cool, c’est des Fahrenheit, donc -2,2 degrés Celsius … et oui, c’est bien de la neige qu’on voit sur le bord de la route … brrrrrr !

Après deux nuits à Springdale, on dort à côté de Bryce.

Mar. 5 nov

BRYCE NATONIAL PARK

Hoodoos Hoodoos : les fées sont passées dans ce coin de désert !

“Quoi ? on va encore voir un canyon dans le désert ?” Oui, mais là c’est complètement différent, tu vas voir …  Et comme on est arrivés de nuit hier soir, c’est la surprise.

Contrairement à Zion (qui est né de l’érosion d’un massif montagneux qui a subi les assauts de la rivière principale et de ses affluents qui le traversent), Bryce Canyon est plutôt un cirque montagneux qui s’érode, dont la face incurvée s’effrite avec le temps.

La région était il y a fooooort longtemps recouverte par une mer peu profonde, ainsi que d’anciens lacs et ruisseaux qui ont déposé des couches de sédiments de schiste et de grès. Les différentes couches de minéraux permettent plus ou moins l’érosion de la terre, ce qui a permis aux millénaires de créer un champ de cheminées de fées, qu’on appelle des Hoodoos. C’est absolument magique.

Les strates s’empilent, mélangent leur rouge et leur blanc, parfois gris souvent ocre, le tout entrelacé du vert des sapins, et saupoudré de neige. On est pantois, bouche bée, scotchés devant tant de beauté.

On se balade à une bonne altitude entre 7500 et 9000 pieds, soit entre 2300m et 2800 mètres. Ca caille dur. Le parc n’est pas immense, on peut le traverser de bout en bout en une demi-heure si on ne s’arrête pas. Mais on se balade à pieds et on savoure.

 

Partout où se pose nos yeux, notre regard monte et redescend tout au long des cheminées, les unes collées aux autres, certaines avec des chapeaux pointus, d’autres des chapeaux ronds, certaines carrément protégées par un plateau. Par-ci une arche, par-là un chemin qui descend vers les fonds des canyons, c’est harmonieux, presque mélodieux, c’est léger et aérien, c’est gai et coloré.

Et puis on reprend la route, direction Page, on retrouve les plaines désertiques rouges, beige, avec toutes les touffes de ces buissons typiques, plus ou moins verts, plus ou moins secs, plus ou moins légers, et ce ciel immense au-dessus. Sur la ligne d’horizon, les plateaux caricaturaux des paysages du Far Ouest et des bandes-dessinées quand Lucky Luke poursuit les Navajos, les Cheyennes et autres tribus avec une plume sur la tête.

On dort à Page

Mer. 6 nov

ANTELOPE CANYON

Ici les trésors sont sous terre !

“Quoi ? on va encore voir un canyon dans le désert ?” Oui, mais là c’est complètement différent, tu verras …  Oui je sais, je te l’ai déjà dit hier, haha !

Antelope est en territoire Navajo (ce peuple qu’on appelle faussement les Amérindiens) et la visite du canyon est super organisée. Ca crache du cash par ici … On n’est pas dans un National Park.

On est à côté de Page, le désert est tout plat, avec quelques replis, on se demande bien où est le fameux canyon.

Son petit nom (Tsé bighánílíní dóó Hazdistazí  en Navajo ce qui signifie « le lieu où l’eau coule à travers les rochers ») indique bien comment il a été façonné au fil du temps par les Flash Floods. C’est quoi ça ? C’est une accumulation d’eau dans le canyon, suite à un orage en amont, et ça fait des ravages … Le canyon est profond de 20 à 25 mètres, et quand l’eau s’engouffre puissamment dans ce sillon tout étroit, elle modèle arrondit ronge polit détruit façonne les sinuosités souterraines. Le résultat est spectaculaire.

     

On est restés ébahis par tant de beauté, de délicatesse, véritables sculptures qui semblent si solides et fragiles à la fois … la lumière et les nuages influencent le relief et lui donnent vie, les teintes se mêlent, on ne sait plus sur quel plan se situe ce qu’on regarde, les yeux s’emmêlent, les perspectives se confondent, il n’y a ni haut ni bas, tout est d’une douceur infinie, tendre, délicat, c’est magnifique !

 

Pour plus d’infos, parce que c’est vraiment passionnant, allez zyeuter la page suivante https://odysseedelaterre.fr/formation-antelope-canyon/ où on vous explique très bien comment est né ce canyon de sandrock, littéralement de la roche de sable. Et pour voir des images de Flash Floods à Antelope, YouTube stocke tout.

On dort à Page.

Jeu. 7 nov

MONUMENT VALLEY

Cours Forrest, cours !

Le désert, cette fois, se manifeste dans toute son immensité et sa platitude …

La terre est rouge brique, sombre, parsemée de touffes de verdures plutôt sèches, et d’ailleurs pas très vertes. En m’approchant pour voir leur diversité de plus près, je m’aperçois qu’elles sont toutes très épaisses et très épineuses : leurs défenses naturelles pour se préserver …

Quand les yeux se portent au loin, la ligne d’horizon est rose, talus désertiques, et en arrière-plan, une chaîne de montagnes enneigées. C’est doux pour les yeux, et c’est plat plat plat. Entre les buissons et touffes d’herbes, notre regard capte par-ci par-là des petites maisons éparpillées, qu’on devine à peine dans le paysage.

La ligne d’horizon est quasi rectiligne, avec de temps à autre un hiatus : une table une montagne plate, un pic tel un poteau rectiligne qui se hisse dans le ciel bleu. Trois figures géologiques principales dans ce désert : les mesas (du nom espagnol de la table, montagnes de terre plates au profil rectangulaire), les buttes (des mesas plus courtes) et puis les spires (du nom anglais des aiguilles) qui sont toutes fines et aussi hautes que leurs copines.

Les Navajos patrouillent sur les routes désertiques et bien fréquentées, on est sur leur territoire ici, et non plus en terre USA. Leurs règles, leurs lois, leurs codes s’appliquent. L’un d’eux : pas de vente d’alcool dans leur Réserve. Mais ça ne les empêche pas d’en boire : on trouve des débris de bouteilles et des cannettes de bière partout au bord de la route, et dans les petits chemins où on s’enfile pour voir le désert depuis le désert.

 

 

On roule sur ces routes parfaitement rectilignes au milieu de rien, et puis les mesas les buttes et les spires se rapprochent, gagnent en détails et en altitude, on comprend mieux la structure de ces formations ; un peu évasées à la base (colosses aux pieds d’argile compressé), puis grandes et hautes falaises verticales, quasi toutes de cette même couleur rouge. Et plus on se rapproche, moins elles sont rigoureusement géométriques. La route ne nous permet pas d’aller à leur pied, on doit rester sur la piste. D’ailleurs, à 5 mètres du rouleau de bitume, les fils de fer barbelés nous rappellent bien que le territoire ici est privé.

On s’arrête à Forrest Gump Point, point « mythique » très clairement défini comme tel sur notre GPS et dans les guides. On n’est pas les seuls, les touristes jouent à se prendre en photo en mimant une course à pieds sur la ligne jaune, et les voitures klaxonnent pour les faire s’éloigner. Les panneaux routiers indiquent d’ailleurs « Danger ! Pedestrians on the road ».

On arrive par devant, on passe derrière, on repasse sur le devant, puis on va voir de côté, et puis … on regarde … et puis on repart. Pas de balades par ici, seule la route est autorisée. Un dernier regard sur ce paysage incroyable, très beau de loin, et puis on trace, direction un petit bled qui nous rapproche de Grand Canyon.

Le long de notre route désertique, des instantanés très cinématographiques :

. les éoliennes à côté de leur citerne, qui tournent lentement avec leur girouette accrochée aux fesses, faisant fonctionner la pompe du puit
. les baraquements à moitié debout, balayés par le vent, certains complètement aplatis
. du sable qui vole, partout, qui envahit tout
. les buissons du désert, boules légères et desséchées qui roulent sur le sol
. les grandes buttes brun sombre comme des terrils
. les paysages lunaires et gris
. les hauts sommets enneigés au loin
. zéro degrés au thermomètre de la voiture
. un bus scolaire qui s’arrête au milieu de rien, et quand on regarde autour de lui, on devine au loin 3 maisons de bois.

On arrive à Tuca City où on passera la nuit, en territoire navajo. Ici aussi, un bâtiment appelé Trading Post. Est-ce que ce sont les anciens relais de diligences ? Ici c’est ma grande culture Lucky Luckesque qui ressort … Les Trading Posts sont en fait les lieux d’échanges qui existent depuis que les indiens ont été parqués dans leurs réserves. Lieu où ils vendaient et échangeaient leur artisanat et autres spécificités indiennes contre des denrées alimentaires et autres biens de consommation dont ils avaient besoin.

Ven. 8 nov. – Sam. 9 nov

GRAND CANYON

Si grand qu’on n’en mesure pas l’immensité

Allez, un dernier parc dans le désert … Après on aura encore quelques jours de route désertique pour retrouver San Francisco, sans grand-chose à voir … A voir, peut-être plein de surprises en route ?

On se balade toujours dans ces vastes plaines désertiques, puis on commence à reprendre gentiment de l’altitude. On aborde le parc par l’Est, on est quasi seuls, c’est chouette.
Premier point de vue du parc, grand parking quasi vide, et des baraques de bois où habituellement les Navajos vendent leur production artisanale aux hordes de touristes.

Aujourd’hui, deux présentoirs sont ouverts. Ils produisent principalement des bijoux et autres dream catchers, avec des petits éclats de turquoise et graines de genièvre, et puis du cuivre aussi, tous ces éléments qui repoussent les mauvaises énergies.

Après avoir discuté avec eux, on s’approche de cette faille qui s’ouvre et se dessine sur cette vaste plaine. Puisque oui, en fait, le canyon est situé sur un immmmmmmense plateau, et il est en contrebas, là où coule le Colorado qui l’a partiellement creusé. Le Grand Canyon n’est pas né de l’érosion uniquement, il est le résultat des mouvements des plaques terrestres, qui se sont écartées, affaissées, éloignées ; et depuis 5 millions d’années, le Colorado a rongé tout ce qu’il pouvait et il s’écoule maintenant sur une épaisse couche de granit qu’il a de la peine à grignoter.

On fait quelques pas le long de grandes failles vertigineuses brunes sèches, sans aucune végétation aux abords de leurs parois.
On reprend la voiture, et au bord de la route, les petits buissons sont remplacés par des petits arbres épineux de 2-3 mètres de haut. Plus on monte plus la végétation s’allonge, quelques chênes apparaissent puis finalement les sapins s’imposent sur cet immense plateau qui abrite le Grand Canyon.

On est assez étonnés de se balader en pleine forêt, presque à plat, la route qui suit la faille est en retrait, bien sûr, le bord des falaises est bien trop instable pour y construire des infrastructures durables. On est à 2’000 mètres d’altitude, au milieu des sapins, et on s’arrête à chaque View Point pour admirer le paysage qui change peu d’arrêt en arrêt, puisque ce Canyon est extrêmement long … 😊 pas loin de 450 km, dont 350 dans le parc.

Un peu de neige borde la route nous rappelle que malgré le soleil, le climat est froid. C’est à nouveau un parc hyper organisé, avec transports publics et grands parkings de manière que l’environnement soit un peu protégé.

On ne s’attaque pas à l’une des randos les plus populaires, pour amateurs de défis : la descente au fond du canyon. Pourtant ça doit être somptueux. Mais ça représente simplement 1500 mètres de dénivelé, sur 11 km de distance. Sacré pente … Alors la descente, moi je dis oui sans problème, mais je ne referai pas la remontée dans la foulée.

 

On choisit plutôt les balades le long des falaises. Parfois à même la terre, parfois avec un sentier goudronné, on peut longer ces parois abruptes sur une belle distance, avec toujours la possibilité de sauter dans un bus si on veut abréger. Il y a pas mal de monde ici, comparé aux autres parcs. Ca se sent peut-être plus puisque les circuits piétonniers sont plus guidés et “obligatoires”.

Le paysage est splendide, mais on ne ressent pas d’effet « wouahou » comme dans les autres parcs. Pareil pour Monument Valley.
En fait, c’est trop grand. Donc on n’arrive pas à mesurer l’immensité de la chose, ni à en détailler des éléments constitutifs, du coup c’est un paysage qui n’est pas facile à appréhender. La brume de fin de journée rend le paysage un peu laiteux, tout s’entremêle.

Les plans et pans de roche se succèdent, se fondent, se rejoignent, le soleil qui descend gentiment permet les jeux d’ombre qui dessinent et structurent le paysage.
La roche est de dominante rouge, avec pas mal de buissons qui la couvrent sur les endroits les moins pentus, du coup le panorama est principalement dans ces deux tons. On voit des veines et des strates de différentes pierres qui traversent complètement les badlands en face de nous, sur la rive nord.

 

Quelques roches plus blanches se détachent comme des cheminées de fées, comme des spires de Monument Valley ; dans l’ensemble c’est très homogène. Et ce qui me surprend le plus, c’est ce plateau rectiligne qui domine le canyon.

Aucune construction historique dans ce parc, hormis une tour d’observation à l’entrée Est, et puis les restes d’exploitation d’une mine : un chemin de fer, qui a remplacé les mules ; les bâtiments originaux ont été réhabilités en hôtels.

On se balade toute la journée, jusqu’au coucher du soleil. On savoure les derniers rayons rose sur les sommets du canyon, et puis nous aussi on rentre se mettre au chaud.

On dort à Tusayan.

Retour sur site samedi matin, par la porte sud, et là : embouteillage à l’entrée du parc ! que de monde !! heureusement, une fois en balade le long des falaises, on se sent à peu près seuls. Et une fois de plus, on constate que les gens ici ne marchent pas, sauf ceux qui partent pour le long trail qui descend jusqu’au Colorado. Les touristes se baladent aux environs immédiats des points de vue, et puis hop, remontent dans leur voiture ou un bus …

    

On dort à Williams, à une heure de route.

 

 

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